PARCOURS DE LECTURE SPIRITUELLE
LE TEMPS DE L'ÉCONOMIE
DOSSIERS
PLACE AUX ÉMOTIONS !
« Place aux émotions » peut se lire de deux manières. La première nous enjoint de donner à nos émotions toute leur place, celle qu'elles occupent concrètement dans notre vie intérieure. Nous les cachons souvent par peur ou par pudeur, par éducation ou avec raison. Car jusqu'où leur faire confiance ? Ne sont-elles pas ambiguës, incertaines dans leur vérité ? Il en fut longtemps ainsi dans l'Histoire. Leur place, alors, n'est pas un espace construit par un état intérieur, comme celui des sentiments auxquels l'émotion donne leur intensité. C'est plutôt la marque d'une impulsion qui rythme le souffle irrépressible de la vie, qu'éveille ou réveille un événement, une rencontre, une sensation qui fait signe, chaque fois de manière inédite. Cela nous laisse en larmes ou en joie, sans voix devant la surprise, le souffle coupé par l'horreur ou la beauté, le corps reposé dans la paix ou plié de douleur, hors de lui de colère ou jubilant de joie. L'émotion est l'expression première du corps qui nous précède en tout. La vie nous saisit de l'intérieur et déborde jusqu'à prendre chair dans des paroles, des gestes et des relations qui la fécondent ou, au contraire, qui la détruisent. Les deux possibilit&eac...
LIRE ET MÉDITER
QUAND LES PEINTRES PRATIQUAIENT LES EXERCICES SPIRITUELS
Comment les artistes sont-ils passés d’une image mentale, spirituelle, à son expression sur la toile ? Qu’ont-ils gagné de ce nouvel espace de l’imaginaire que leur offrait saint Ignace ? C'est à ces questions que cet ouvrage tente de répondre. Dans les Exercices spirituels d’Ignace de Loyola, le regard et l’imaginaire sont souvent sollicités. Il est proposé au retraitant de se projeter dans une scène évangélique, comme s’il y participait lui-même, au moyen de ses cinq sens. Un certain nombre de peintres du XVIe au XVIIe siècle — et pas des moindres — ont non seulement pratiqué les Exercices mais s’en sont emparés pour renouveler leur propre art. Mais comment les artistes sont-ils passés d’une image mentale, spirituelle, à son expression sur la toile ? Qu’ont-ils gagné de ce nouvel espace de l’imaginaire que leur offrait saint Ignace ? Parmi les peintres dont il sera ici question (Poussin, Rubens, Lotto…), Vermeer apparaît comme l’un de ceux dont l’œuvre a été le plus profondément marquée par la proximité avec les Exercices.