PARCOURS DE LECTURE SPIRITUELLE
UN PASSÉ QUI NE PASSE PLUS
DOSSIERS
OBÉIR : À QUI ? JUSQU'OÙ ?
D’entrée, ces questions font écho aux relations pour le moins ambiguës et brouillées que l’homme d’aujourd’hui entretient avec l’obéissance et l’autorité. Les grandes trahisons du XXe siècle y sont pour beaucoup, mais aussi les analyses psychologiques et sociales qui ont mis le doigt sur la part d’inconscient où l’autorité et l’obéissance plongent leurs racines. Désormais, en contexte démocratique, on ne peut plus faire autorité sans expérience reconnue dans son domaine, et l’obéissance ne s’obtient qu’au prix d’un débat public (cf. Paul Valadier). Ainsi, dans la période très troublée de l’Occupation, des religieux, au nom d’une autorité spirituelle, ont su désobéir aux pouvoirs en place, en révélant le mensonge dissimulé derrière leur apparence religieuse (cf. Bernard Comte). Aujourd’hui encore, beaucoup de chrétiens assument l’héritage de l’Église et le transmettent, avec joie et dynamisme, sans hésiter à être « contre-culturels » quand l’avenir et le respect de l’homme leur paraissent trop compromis. De quelle autorité sont-ils le signe ? Et quelle obéissance fonde leur action (cf. Jean-Luc Pouthier) ? Mais l...
LIRE ET MÉDITER
LE PASSE-MURAILLES
 L’auteur de cet opuscule est un professionnel des relations interculturelles et est membre de la fraternité séculière franciscaine. Il a senti une parenté entre ces deux univers et, sans aller jusqu’à affirmer qu’il existe une approche proprement franciscaine du dialogue interculturel, il veut montrer que des militants du dialogue peuvent se retrouver dans bien des traits du message de François. Il met donc en regard des six principes du dialogue interculturel un texte franciscain : par exemple, le baiser au lépreux comme attitude vécue du décentrement de soi. Nourri par l’expérience du dialogue et une bonne connaissance du Poverello, ce livre alerte et sans prétention aidera le lecteur à mieux connaître saint François et à mieux vivre la rencontre de l’autre dans un vrai dialogue. On pourrait reprocher à l’ouvrage un certain manque de rigueur dans l’usage des sources franciscaines (on ne peut pas mettre les Fioretti sur le même plan que la Légende des trois compagnons) mais l’essentiel n’est pas là. L’image que l’auteur donne de François sonne juste, jusque dans la simplicité allègre du style, et ce qu’il dit du dialogue fait preuve de beaucoup de bon sens.     Étienne Celier